« La jeunesse qui défend l'école publique mérite mieux que des flammes et des matraques »
Alors que les lycéens se mobilisent partout en France pour obtenir des moyens pour leurs établissements, Clément Mugnier appelle à soutenir leur combat avec la même clarté dans la condamnation des violences, et à ouvrir le débat sur notre doctrine de maintien de l'ordre.
Depuis plusieurs jours, des lycéens se mobilisent partout en France. Leur revendication principale est simple, obtenir des moyens pour leurs établissements. À Strasbourg, une élève racontait des bâtiments en mauvais état et des fenêtres tombées dans les classes, sans que rien ne soit fait.
« Ce combat pour l'école publique est juste. Il rejoint le nôtre »,
affirme Clément Mugnier, qui le soutient sans réserve, y compris lorsque la mobilisation est spontanée.
Condamner les violences sans ambiguïté
Ce soutien n'a de valeur que s'il s'accompagne d'une même clarté dans la condamnation. Le 1er octobre au matin, à Nantes, le lycée Nelson-Mandela a été touché par un incendie en marge d'une manifestation. Quelle qu'en soit l'origine exacte, voir partir en fumée un lieu d'enseignement est absurde, car c'est précisément ce que ces jeunes demandent de protéger. Les violences urbaines desservent la cause qu'elles prétendent servir, et de nombreux lycéens l'ont eux-mêmes dit en se désolidarisant des casseurs.
Une réponse proportionnée de l'État
La même exigence vaut pour l'État. Face à des cortèges composés en grande partie de mineurs, la réponse ne peut pas être une répression indifférenciée. Interpeller massivement des adolescents, c'est prendre le risque de transformer une première expérience politique en défiance durable envers les institutions.
Ouvrir le débat sur le maintien de l'ordre
Plus largement, ces journées posent une question que nous ne pouvons plus esquiver, celle de notre doctrine de maintien de l'ordre. Comment encadrer une manifestation de jeunes sans l'abandonner aux casseurs ni la traiter comme une émeute ? En Allemagne ou en Suède, des policiers spécialement formés au dialogue maintiennent le contact avec les manifestants pour prévenir l'escalade. Ce débat mérite d'être ouvert sereinement.
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