De l’importance de féminiser l’espace public
Dans nos villes et nos villages, les rues, les places, les écoles et les équipements publics portent des noms qui racontent notre histoire collective. Pourtant, à y regarder de plus près, cette mémoire demeure largement masculine.

Dans nos villes et nos villages, les rues, les places, les écoles et les équipements publics portent des noms qui racontent notre histoire collective. Pourtant, à y regarder de plus près, cette mémoire demeure largement masculine. Dans leur immense majorité, les noms de ces espaces sont ceux d’hommes.
Les femmes restent en effet largement sous-représentées dans la toponymie, c’est-à-dire dans l’attribution des noms aux lieux. Pendant des siècles, leurs contributions scientifiques, artistiques, intellectuelles, politiques ou militantes ont été invisibilisées. Cette inégalité se prolonge aujourd’hui sur nos plaques de rue.
Alors, dans ce contexte, féminiser l’espace public est indispensable de façon à corriger cet héritage et affirmer, concrètement, que les femmes ont toute leur place dans notre récit commun.
Si la féminisation de l’espace public est une occasion de rendre visibles des parcours trop longtemps oubliés, elle permet aussi aux enfants et aux jeunes de grandir avec des figures féminines inspirantes, de découvrir des femmes qui ont transformé la société et de comprendre que les réussites et les engagements n’ont pas de genre. Que l’on ne s’y trompe pas, cette démarche ne consiste ni à effacer notre histoire ni à opposer les femmes aux hommes. Elle vise au contraire à l’enrichir, à mieux représenter la diversité de celles et ceux qui ont contribué à la construire. Car je suis convaincu que l’égalité ne se joue pas seulement dans les lois ou dans les discours mais qu’elle se construit aussi dans les symboles, dans les habitudes et dans le quotidien.
Passer des intentions aux actes
Toutefois, féminiser l’espace public suppose une volonté politique durable. Les collectivités disposent de leviers concrets : choisir davantage de noms de femmes lors de la création de nouvelles rues, de places ou d’équipements ; privilégier des figures locales dont les parcours méritent d’être connus ; associer les habitants, les associations et les jeunes à ces choix ; ou encore réaliser un état des lieux de la place accordée aux femmes dans la dénomination des espaces publics.
Ces initiatives peuvent sembler modestes. Elles ne le sont pas. Chaque nouvelle plaque est une occasion de transmettre une histoire, de susciter la curiosité et de faire évoluer les représentations.
Par Béranger Perrier
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