Pompiers et climat, le vœu de la gauche pour que l'État paie sa part adopté à l'unanimité

Le 25 septembre, l'Assemblée départementale a adopté à l'unanimité le vœu du groupe Gauche 71 demandant à l'État de revoir, dès le budget 2027, sa contribution au financement des services d'incendie et de secours et à l'adaptation au dérèglement climatique.

Centre de secours du SDIS 71 à Chalon-sur-Saône avec sa tour de manœuvre et des engins de pompiers
Centre de secours du SDIS 71 à Chalon-sur-Saône. Photo Lucifer71, Wikimedia Commons, CC0

Le groupe Gauche 71 l'avait dit lors de l'Assemblée extraordinaire du 4 septembre. Il l'a répété lors de la session du 25 septembre en déposant un vœu appelant l'État à reconsidérer, dès le budget 2027, sa contribution aux investissements des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) et, plus largement, à l'adaptation au dérèglement climatique.

Un été hors normes

Le dérèglement climatique est désormais une réalité concrète. Sécheresses, canicules, incendies, inondations et tempêtes exposent davantage les territoires et les populations. L'été 2026 l'a montré, avec 53 jours de canicule en juin, juillet et août, après le printemps le plus chaud jamais enregistré. 43 % des cours d'eau se sont retrouvés à sec. En Saône-et-Loire, les restrictions d'eau ont commencé dès le 17 juin et la totalité des bassins a été déclarée en crise par la préfecture.

Du 1er janvier au 28 août, les sapeurs-pompiers du département sont intervenus 768 fois sur des feux, contre 337 en 2025. 641 hectares ont brûlé, contre 132 l'année précédente, et 1 354 sapeurs-pompiers ont été mobilisés. À l'échelle nationale, 116 000 hectares sont partis en fumée, libérant 1,5 million de tonnes de carbone.

Un modèle de financement à bout de souffle

Notre modèle de protection civile, fondé sur la complémentarité entre pompiers professionnels et volontaires et sur un fort maillage territorial, est un atout majeur. Mais il doit être accompagné de moyens humains, matériels et financiers à la hauteur des nouveaux risques, car les missions des sapeurs-pompiers se multiplient et s'intensifient.

Aujourd'hui, les collectivités territoriales assument l'essentiel du financement des SDIS, alors même qu'elles font face à de fortes contraintes budgétaires. Ce modèle atteint ses limites. Le dérèglement climatique est un risque qui dépasse les capacités financières des seules communes, intercommunalités et départements. Le projet de loi de modernisation de la protection civile présenté le 8 septembre ne répond pas à la question essentielle d'un financement pérenne et adapté des SDIS. L'État doit donc prendre sa part.

Ce que demande le vœu

Le texte porté par le groupe Gauche 71 demande au gouvernement de

  • réformer le financement des SDIS, notamment en faisant évoluer la part de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) et en étudiant d'autres ressources, comme une contribution accrue des assureurs ;
  • renforcer les moyens humains et matériels des services de secours par un engagement accru de l'État ;
  • faire de l'adaptation au dérèglement climatique une priorité nationale, avec des moyens dédiés à la prévention des incendies, à la protection des populations, à la gestion de l'eau et à l'adaptation des équipements publics.

Le vœu a été adopté à l'unanimité et adressé au gouvernement. L'enjeu est désormais d'agir avant les crises plutôt que de les subir.

Texte du groupe Gauche 71 au Conseil départemental de Saône-et-Loire, extrait de la lettre « Pages de gauche » de septembre 2026.

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